une histoire sociale et idéologique de l'art contemporain, par Samuel Zarka
Nouveaux éléments touchant au concept d’art.
Par Stéphanie LONCLE
Ce livre, dont la lecture est ardue, se propose d’analyser la façon dont la société capitaliste a engendré, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (même si le propos remonte parfois à la fin du XIXème siècle) « l’art contemporain », entendu comme une pratique sociale spécifique, historiquement datée. C’est donc à la fois une esthétique, des institutions, une idéologie et un marché qui sont décortiqués et mis en relation par l’auteur, dans une perspective historique. Le raisonnement, parfois difficile à suivre, emprunte à l’hégélianisme et au(x) marxisme(s), en particulier celui de Clouscard. La critique des différentes théories de l’art (sociologie bourdieusienne, théorie des institutions, sémiologie…) est radicale, vive et stimulante. Si l’ouvrage s’adresse d’abord à des spécialistes, la bibliographie invite à se familiariser avec les questions traitées, d’autant que celles-ci ne manquent pas d’être politiques. Ce livre proclame haut et fort que le temps où l’art passait pour un espace immanent de liberté doit finir : les artistes ne sont pas plus libres en ce monde que les travailleurs et les exploiteurs. À eux donc de penser et d’agir pour s’émanciper de l’aliénante illusion qu’ils sont des créateurs libres : ce livre, qui se veut un outil à cette (honorable) fin politique, lance ou relance le combat.
La revue du projet #11 novembre 2011

À propos du texte de Catherine Millet « Le roi est nu »
en édito de la revue Artpress n°382.
Le dernier édito d’ArtPress exprime des idées voisines de celles du livre Art Contemporain : le concept. Catherine Millet, rédactrice en chef historique de la revue (depuis 40 ans) y propose de considérer l’hégémonie régnant dans l’art comme celle d’une illusion collective. Mais à géométrie variable, sans laquelle la présente lucidité de son article n’aurait pas lieu d’être. Illusion dont elle énonce le pôle d’une manière claire et distincte : c’est l’ « intéressant » qui oriente le conte.
Ainsi lisons-nous :
Depuis 1913, vous pouvez y déposer [dans le monde de l'art] n’importe quel gribouillage ou chiffonnage, vous trouverez toujours un public pour trouver ça intéressant.
Souligné par Catherine Millet.
On croirait du Samuel Zarka [1].

Art contemporain : le concept
Par Yvon HUET
Samuel Zarka est né en 1980 à Sarcelles. Conférencier à l’Académie royale des Beaux Arts de Liège, il est diplômé entre autres de l’Ecole nationale supérieure d’arts de Paris Cergy et de l’Université Panthéon Sorbonne (philosophie). Particulièrement actif dans le domaine de la danse contemporaine, jeune praticien et penseur d’une nouvelle génération, il met en valeur un aspect inédit de la lutte des classes dont il se réclame sans détour, côté création artistique de notre temps.
« L’art contemporain doit être interrogé dans sa logique globale, au-delà de la pluralité de ses productions. Il peut ainsi être envisagé comme un style artistique homogène, dont les déclinaisons s’effectuent sur un fonds mythologique, qui ne saurait être compris indépendamment des transformations sociales et culturelles des sociétés dans lesquelles il s’inscrit. ».
N’étant pas philosophe, j’ai néanmoins trouvé ce livre lisible. Sa thèse est que l’art contemporain est devenu un système contradictoire et dynamique qui forme un Concept au sens de Hegel, avec une sémiologie (agencement de signes):
- du classicisme, plus conservatrice, modulations du « Grand art » (que Samuel Zarka a appelé « l’art en soi » sur France-Culture). (Stella, Judd, Serra…)
- de la rébellion, ou comportementale, sur le mode de la jouissance ou de la transgression, (que Samuel Zarka a appelé « l’art fondu dans la vie » sur France-Culture), à la suite de Duchamp, je pense aussi à Rauschenberg.
Tout ceci est en interaction proche avec le marché de l’art, de la mise en vente des œuvres. Cette analyse de la superstructure relève de l’analyse marxiste de l’auteur. Je n’ai pas bien compris ce que serait un art contemporain qui renouerait avec l’infrastructure, les conditions de production.
Par Thomas
Publié sur Amazon
De manière provisionnelle, répondons à l’interrogation de Thomas qu’en effet, concevoir ce que serait « un art contemporain qui renouerait avec l’infrastructure, les conditions de production » constitue le véritable effort de pensée.


Généralités!
Par Leszek BROGOWSKI
Extrait :
(…) l’auteur exprime l’espoir que « les contradictions vécues par les ‘artistes’ qui ‘perçoivent’ le non-sens du micromilieu, son idéalisme étayé sur le déni de réalité » puissent trouver dans son livre « un langage pour objectiver ces apories ». Et quand on regarde la longue liste de remerciements, on constate qu’elle comporte aussi les noms d’artistes.
Printemps 2011
L’article en pdf : 2011-05-12, CRITIQUE_D_ART
La revue

Dans Art contemporain : le concept, le lecteur trouvera le développement de ce que Lepage, ci-dessous, appelle
- le « théâtre du sacré » : dans le chapitre « sémiologie du classicisme » p. 162
- « faire pour de vrai » : dans « sémiologie comportementale » p. 164
Franck Lepage Inculture 2005 Part 1
Nous vous encourageons chaudement à découvrir ici, dans son entièreté (même si c’est un peu long) la conférence gesticulée (site SCOP Le Pavé).
Exposé du 15 avril à L a G A L E R I E
27 rue de la Forge Royale, 75011 Paris
La G A L E R I E
27 rue de la Forge Royale, 75011 Paris
Infos : www.actuelart.fr
Où il sera question de l’art de mots
de la polarité Jean-Clair/postmodernisme
et des cars de la CGT
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Le samedi 2 avril, une présentation du livre art contemporain : le concept, suive d’un débat animé et cordial.
Exposé des thèses
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Débat. L’art contemporain, loin des clichés habituels
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La librairie Tropiques
56 et 63 Rue Raymond Losserand, Paris XIV, M° Pernety.
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63, Rue Raymond LOSSERAND, 75014 Paris.
M° Pernety. Tél. 01 43 22 75 95
Site : http://librairietropiques.free.fr
Pour connaître la relation entre l’artiste rmi-ste et les flambées en salles d’enchères
la Vie sexuelle de Catherine M. et l’activité de critique d’art
la lutte de classes et l’art contemporain
Accéder à la vidéo de la rencontre
Infos sur la librairie Tropiques et son activité éditoriale
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22 mars 2011 – 18h30
Avec Laetitia Badaut-Haussmann, artiste
Anaël Pigeat, critique d’art, responsable du service éducatif et culturel du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
Marc Sanchez, Directeur de la production artistique du CNAP
et Samuel Zarka, historien de l’art et philosophe
Réservation : mardis@grandpalais.fr
+ Commentaire subséquent au débat
Samuel Zarka revient sur la démarche de son livre : proposer une histoire de l’art contemporain… selon la lutte de classes.
« L’art contemporain doit être interrogé dans sa logique globale, au-delà de la pluralité de ses productions. Il peut ainsi être envisagé comme un style artistique homogène, dont les déclinaisons s’effectuent sur un fonds mythologique, qui ne saurait être compris indépendamment des transformations sociales et culturelles des sociétés dans lesquelles il s’inscrit. »
[4ème de couv.]
Art contemporain : le concept a fait l’objet d’une
présentation, mardi 4 janvier 2011, au Journal d’Adèle
van Reeth (Nouveaux chemins de la connaissance),
sur France Culture.
Vous pouvez ré-écouter l’émission en ligne, ici :
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